Les Etats-Unis sont sans conteste un pays qui n’a pas toujours bonne presse en Europe. De même, l’Union Européenne, notamment son pilier franco-allemand, fait l’objet de nombreuses critiques par certains médias américains. Les approches réductrices et simplificatrices sont tenues des deux côtés de l’Atlantique. L’incompréhension semble d’autant plus forte que le sentiment d’une identité historique commune est présent dans tous les esprits.
Et c’est peut-être là qu’il faut chercher les causes des problèmes transatlantiques. Les Européens considèrent que les Américains leur sont si proches qu’une connaissance superflue de leur passé, de leur vie politique, de leur évolution stratégique, est suffisante pour comprendre les Etats-Unis. Or rien n’est plus faux : ce pays a une Histoire et une évolution récente bien particulières, différentes, à bien des égards, de celles de l’Europe. Il nécessite la même étude minutieuse que celle que l’on doit consacrer à des pays considérés comme appartenant à une autre aire culturelle.
C’est dans ce but qu’E.P. a lancé son programme d’études américaines. Il s’agit ici, avant tout, de permettre une meilleure compréhension de la vie politique et des choix stratégiques américains, sans aucun a priori idéologique. Washington est le centre de l’Etat le plus puissant au monde : connaître son fonctionnement pour ce qu’il est, et non pour ce que l’on voudrait qu’il soit, est une obligation pour les responsables et les citoyens européens.
Par ailleurs, certains choix américains vont à l’encontre des intérêts européens, d’autres au contraire leur sont directement ou indirectement profitables. Identifier non seulement les rouages réels de la démocratie américaine, mais également ce qui peut y être plus ou moins favorable à l’Union ne peut être qu’une priorité.
Rejeter les approches systématiquement anti- et pro-américaines de certains éléments de la vie politique européenne, est loin d’être une position « politiquement correcte ». L’UE ne pourra se constituer comme puissance si elle choisit de s’appuyer sur des visions idéologiques du monde, ou sur des modes de réflexion uniquement réactifs. Qu’il s’agisse de la première puissance mondiale ou d’autres sujets stratégiques importants pour l’Europe (le rapport à l’Est, l’approche du monde musulman voisin, etc.), le réalisme et la connaissance des faits doivent être les seuls guides de la politique européenne à venir. La polémique ou les approches extrêmes n’auront, en conséquence, pas leur place dans cette section, comme dans l’ensemble des domaines d’étude d’E.P.
Didier Chaudet,
Président de Euro-Power / Europe Puissance
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